Un langage informatique est un langage formel, doté d’une syntaxe et de règles strictes, qui sert à concevoir, mettre en œuvre ou exploiter un système d’information. On range les langages informatiques en quatre grandes familles selon leur fonction : programmer un traitement, interroger une base de données, structurer un document ou modéliser un système.
Le langage de programmation n’est donc qu’une famille parmi d’autres, même si le terme sert souvent de raccourci.
Définition d’un langage informatique et différence avec une langue
Une langue naturelle tolère l’ambiguïté : on se comprend malgré une faute ou une tournure bancale. Un langage informatique n’accepte aucun écart. Une virgule oubliée dans une instruction peut empêcher tout un programme de s’exécuter, parce que la machine applique les règles de syntaxe à la lettre.
Ces règles définissent ce qu’on peut écrire (la syntaxe) et ce que cela signifie pour la machine (la sémantique). Certains langages ne sont pas capables d’exprimer tous les calculs possibles, ce qui ne les empêche pas d’être pleinement utiles dans leur domaine.
Langages de programmation : écrire des traitements
Les langages de programmation décrivent des calculs, des conditions, des boucles et des échanges avec le reste du système. C’est la famille qui permet de bâtir un logiciel, une application mobile ou un serveur. C, Java, Python et JavaScript en sont des exemples très répandus.

Leur nombre est élevé et chacun répond à un besoin particulier : performance, lisibilité, automatisation de tâches, pages web interactives. Les premiers sont apparus vers 1950, et le principe n’a guère changé depuis : une suite d’instructions que la machine exécute dans l’ordre prévu.
Langages de requête : SQL et les bases de données
Un langage de requête sert à poser des questions à des données. Le plus connu, SQL (Structured Query Language), est un langage normalisé pour exploiter les bases de données relationnelles. Il permet de chercher, d’ajouter, de modifier et de supprimer des données, mais aussi de définir la structure de la base ou d’en contrôler l’accès.
SQL est né en 1974 chez IBM et la plupart des systèmes de bases relationnelles le prennent en charge. On ne lui fait pas écrire un logiciel complet : il décrit les données voulues, et le système de base de données décide comment les retrouver.
Langages de balisage : HTML, XML et la structure d’une page
Un langage de balisage ne calcule rien. Il décrit un contenu à l’aide de balises : ceci est un titre, cela un paragraphe, ceci un tableau. HTML et XML appartiennent à cette famille, tout comme LaTeX pour la rédaction de documents.

Une page web combine généralement HTML pour la structure, CSS pour la présentation et JavaScript pour le comportement. Seul ce dernier est un langage de programmation. Pour savoir lequel apprendre selon un projet de site, ce guide sur le choix d’un langage pour un site web détaille les options.
Langages de modélisation : UML et la conception de logiciels
Les langages de modélisation servent à penser un système avant de le coder. UML (Unified Modeling Language) est un langage graphique adopté comme standard par l’Object Management Group (OMG). Il propose 14 types de diagrammes dans sa version 2.5, dont le diagramme de classes, considéré comme son élément central.
Ils s’adressent d’abord aux humains : équipes techniques, clients, architectes. Certains outils savent toutefois générer du code, souvent en Java, à partir de ces schémas.
Haut niveau, bas niveau, compilé, interprété
Deux distinctions traversent toutes les familles de programmation. La première oppose le bas niveau au haut niveau. Le langage machine est une suite de bits où chaque séquence code une opération. L’assembleur remplace ces séquences par des mnémoniques lisibles, qu’un assembleur traduit ensuite en bits. Les langages de haut niveau vont plus loin : ils libèrent le programmeur des détails du matériel pour qu’il se concentre sur le problème à résoudre.
La seconde distinction porte sur l’exécution. Avec la compilation, un compilateur traduit d’abord tout le code source en un code cible, exécutable directement par l’ordinateur ; C en est l’exemple classique. Avec l’interprétation, la traduction se fait à la volée, instruction après instruction, comme le fait Python. Java et PHP combinent les deux approches : bytecode exécuté par une machine virtuelle, ou compilation en code machine au moment de l’exécution.
Ces notions comptent aussi pour les architectures de calcul récentes, qui demandent leurs propres outils. Les usages de l’informatique quantique et les puces inspirées du cerveau en sont deux exemples.
Par quelle famille commencer
Le point de départ dépend de l’objectif. Trois repères suffisent :
- Pour créer des pages web, on commence par le balisage et le style, puis on ajoute JavaScript pour l’interactivité.
- Pour travailler avec des données, SQL donne accès à la plupart des bases relationnelles.
- Pour écrire des logiciels, un langage de programmation à la syntaxe lisible permet de comprendre boucles, conditions et fonctions sans se perdre dans les détails de la machine.
Les familles se complètent plus qu’elles ne se concurrencent : un même projet web mobilise souvent balisage, programmation et requête. Maîtriser les bases d’une famille facilite l’apprentissage des suivantes, car la logique de syntaxe stricte reste la même.

